Hier soir, j’ai assisté pour la première fois au Diapéro, un rendez-vous autour des formats multimédias courts, mêlant son et photo. Voici un récap’ des meilleurs diaporamas sonores que j’ai eu le plaisir de découvrir.

Déjà, c’était l’occasion de projeter l’oeuvre qui a remporté, il y a quelques mois, le prix du diaporama sonore 2017 : “Les rugbywomen : plaquer les stéréotypes” de Camilo Leon-Quijano, acheté et diffusé par Fisheye et Libération. Dans le cadre d’une thèse en sociologie réalisée à l’EHESS, l’auteur colombien a suivi vingt jeunes rugbywomen d’un collège à Sarcelles : 

“J’me sens bien, j’me sens fière”  

Le film est à voir en intégralité ici.

Les rugbywomen: plaquer les stéréotypes“, de Camilo Leon-Quijano, prix du diaporama sonore 2017. 

Ensuite, la table ronde, animée par Alexandre Liebert, avait pour thème : “Quelle place pour le diaporama sonore artistique ?” Pour en parler, quatre invités.

“Regardez comme j’existe et comme ça me démange.”

  • Emilie Arfeuil, photographe transmédia, a présenté son projet Les Métamorphoses de Protée, qui fait actuellement l’objet d’une exposition (jusqu’à ce samedi à la Galerie 247 à Paris). L’artiste, qui a appris la photographie en autodidacte après des études de cinéma, expose ses photographies mais propose aussi des objets vidéo comme ce film qui revient sur onze ans de relation d’un couple. Un film photographique co-réalisé par Alexandre Liebert et Emilie Arfeuil, à voir en entier ici :

« Le masque libère de la fixité et de la servitude de l’identité » Michel Foucault

LES MÉTAMORPHOSES DE PROTÉE // BORIS & MARIA / 2007-2018 Réalisation & Montage : Alexandre LIEBERT// Direction Artistique : Emilie Arfeuil // Création sonore : Laurie Bellanca & Benjamin Chaval

  • Nicolas Havette, commissaire d’exposition au Magasin de Jouets à Arles et à la Fondation Manuel Riviera Ortiz, dénicheur de talents, à l’origine de plusieurs festivals (dont Les nuits photographiques) , qui a rappelé les premières réflexions autour des diaporamas sonores.
  • Francesco Acerbis, photographe documentaire italien, directeur du festival de photofilm Transizioni à Bologne. Il a parlé de l’importance, pour un film photographique, que chaque élément (photo, musique, texte…) apporte quelque chose de spécifique et ne soit pas qu’un emballage. Il a proposé un coup cœur, “Solo Piano – N.Y.C.”, un film très beau d’Anthony Sherin, touchant, qui raconte tellement de choses en si peu de temps, sur la nature humaine. Prenez le temps de le regarder :

Deux autres films présentés qui ont particulièrement retenu mon attention :

Le film “La Barkley sans pitié”, réalisé par le photographe Alexis Berg et le journaliste Aurélien Delfosse, a été diffusé sur Explore, le media long format de l’Equipe. La course extrême Barkley se déroule chaque année depuis 30 ans dans les montagnes de Frozen Head, dans le Tennessee (USA) : elle est connue pour être l’une des courses les plus dures au monde. 160 kilomètres à réaliser en moins de 60h, avec une dénivelée d’environ 16 000 mètres. Je pense que je vous parlerai plus longuement de ce film bientôt car je vais entamer un cycle d’articles sur l’univers du sport…

“C’est l’épreuve la plus rude que mon corps a endurée, la chose la plus intense que j’ai faite de toute ma vie.”

Et enfin, le film que j’étais venue soutenir à l’origine, qui a été diffusé en toute fin de la soirée Diapéro : le teaser du projet photographique de Nicolas Serve, parti l’année dernière dans le sud des Etats-Unis, pour faire du repérage dans l’optique de préparer un travail sur les zones américaines touchées par le tornades. 13 secondes, comme s’intitule ce trailer, c’est le temps moyen dont on dispose pour se mettre à l’abri lorsque l’alarme retentit dans la Tornado Alley, cette zone où 1418 tornades ont touché le sol en 2017, tuant trente-cinq personnes.

Le photographe retourne au mois de juin, pendant la “saison des tornades”, pour continuer ce projet. Il va notamment aller à Joplin et interroger des habitants sur un phénomène inexpliqué dont le mystère continue de planer dans la région telle une légende urbaine : en 2011, des gens racontent s’être faits protéger des débris par des “hommes-papillons géants” (butterfly people)… Bref, un projet passionnant, qui je l’espère trouvera rapidement des financements et un diffuseur ! Voire un galeriste ? A suivre…

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