Bousculer ses habitudes pour changer de vie… Et pourquoi pas ? Encore faut-il surmonter les croyances limitantes qui nous empêchent parfois de passer à l’action.

En cours de journalisme, à la fac, je me souviens qu’un professeur avait posé la question : « Quelle est la pire des informations qui peut mener un journaliste, en erreur ? » On a cherché un bon moment :

– « Les données des laboratoires ? Les dépêches AFP ? Les infos des autres articles ?
– Non, non. Bien plus simple et plus proche de lui : ses propres certitudes. »

D’un point de vue personnel, la plupart des choses qui nous bloquent pour avancer, réaliser des projets et avoir (enfin) la vie que l’on souhaite, ce sont nos propres croyances. Elles sont tellement incrustées en nous qu’on ne penserait même pas à le remettre en cause.

Nous avons tous ces pensées, que ce soit sur nous-même (« je ne suis pas douée avec les chiffres », « je ne finis jamais ce que je commence », « J’ai un mauvais caractère », « je ne suis pas faite pour la cuisine »,« je suis trop timide »…), sur notre entourageMon patron ne m’écoute jamais, ça ne sert à rien de lui parler », « Elle est trop belle pour moi, je ne pourrais jamais sortir avec elle »…), sur des groupes de personnesles enfants uniques sont égoïstes », « les femmes sont plus empathiques »…), ou encore sur le monde (« la vie est dure », « le marché du travail est saturé »,« c’est plus difficile d’y arriver quand on est né dans une famille modeste »…)

Cette petite voix, ce flot de pensées négatives, ce sont nos croyances limitantes. Elles tournent en roue libre dans notre tête et il ne nous viendrait pas à l’esprit de les remettre en question. Mais surtout plus embêtant : elles entraînent un blocage mental qui nous retient, souvent, de passer à l’action.

Comment perdre du poids si dans notre tête tourne en permanence cette idée que “le sport, c’est pas fait pour moi” et puis de toute façon “je n’ai aucune volonté” ?

Comment changer de job, si on est persuadé qu’on a de toute façon “pas l’âme d’un entrepreneur “, qu’on a besoin de sécurité pour être heureux et que le marché du travail va de toute façon vraiment mal en ce moment ?

Fermez la porte. Il fait froid dehors !

[En parlant de froid, j’avais vaguement évoqué les « croyances limitantes » dans cette vidéo tournée à Tromsø, mais je dois avouer que les -16 degrés au moment du tournage m’ont fait prendre de gros raccourcis. Pour me rattraper, je développe ci-après, l’origine de ces pensées et surtout, comment les contourner…]

Pourquoi se limite-t-on par ces croyances ?

Elles peuvent venir tout d’abord de notre éducation : depuis tout petit, par exemple, si vous entendez que vous n’avez pas la fibre artistique, il va être plus compliqué de trouver confiance en vous pour vous lancer dans le dessin, par exemple. Alors même que ce type d’activité pourrait vous épanouir, d’autant qu’à moins d’en faire votre métier, la recherche de performance n’est pas un but en soit. Heureusement qu’il n’est pas obligatoire de savoir chanter pour chanter !

Les croyances limitantes viennent le plus fréquemment de nos expériences passées. Si je prends un exemple très anodin et personnel : quand j’étais adolescente, j’ai voulu cuisiner une tarte au citron meringuée, mon gâteau préféré. J’ai absolument tout loupé de cette tarte : de la pâte, à la crème de citron, en passant par la meringue. Elle était immangeable ! On l’a pris avec humour et dans ma famille, c’est resté comme une sorte de running gag « la fameuse tarte au citron meringuée de Margaux ». Et plus sérieusement, depuis ce moment, j’ai toujours pensé que la cuisine n’était pas faite pour moi. Bullshit !

Il peut arriver (non, on fait c’est très souvent) que les croyances limitantes nous servent d’excuses pour ne pas faire quelque chose de nouveau. L’inconnu fait peur et finalement, quand on regarde bien autour de nous, les personnes qui se plaignent toute la journée de ne pas être satisfaites de leur quotidien ont-elles vraiment envie de changer ? C’est le syndrome du “Oui, mais… très bien décrit dans ce film homonyme d’Yves Lavandier, avec Gérard Jugnot (2000). Vous avez sûrement déjà eu ce genre de conversation : quelqu’un vous pose un problème qu’il rencontre dans sa vie, et à chaque fois que vous lui proposer une piste pour le régler, votre interlocuteur vous répond “Oui, mais…” pour vous montrer que ce n’est pas possible.

Connais toi toi-même… mais surtout deviens qui tu veux

Pendant mon trip en Norvège, j’ai rencontré un jeune Suisse de 23 ans : il avait remarqué se définir, quand on lui demandait de parler de lui, par ce que les autres pensaient de lui : « Mes amis disent de moi que je suis… et… » Or, il se reconnaissait de moins en moins dans la définition que ses proches avaient de lui. Il était, au moment de notre rencontre, au milieu d’un voyage d’un mois pour justement apprendre à se connaître et découvrir le monde seul, à sa façon. Il est le parfait exemple d’une chose qui nous rend plus léger quand on le comprend et qu’on l’intègre c’est qu’on peut laisser les autres se tromper sur nous-mêmes. 

Apprendre à se connaître, savoir qui l’on est… Et si on prenait le problème par un autre biais et que plutôt que d’essayer de dresser la liste de notre qualités et défauts on essayait plutôt de dessiner la personne qu’on voulait vraiment être ? Oui, d’accord, vous n’avez jamais été très aventurier, ni bon en langues, ni très sportif. Mais rien n’est figé et tout cela peut s’apprendre et se changer. La seule question à se poser, selon moi, n’est pas qui l’on est mais qui on veut être. Chaque matin, au réveil, on peut inventer la personne qu’on a envie d’être.

C’est très intéressant de découvrir nos croyances limitantes. Faites-le test : essayez de dresser la liste de ce que vous pensez de vous-même ou de vos certitudes sur le monde, les autres, le travail et remettez-les en question. Vous vous rendrez parfois compte que ces pensées ne sont souvent que le fruit d’une expérience malheureuse par le passé (et je n’ai pas parlé du domaine amoureux où les croyances limitantes ont un impact énorme sur nos relations !) ou encore de choses que vous avez entendu depuis tout petit et que vous avez intégrées. Demandez-vous maintenant si vous voulez changer quelque chose dans cette liste et qu’est-ce que ça aurait comme impact dans votre vie ! J’aurais pu appelé cet article “Qu’est-ce qui nous empêche de changer ?” Mais il est évident que lorsqu’on a pris la décision de changer, qu’on met en pratique tout le nécessaire pour y arriver, notre vie prend une toute autre direction… Celle d’une vie en accord avec nos envies.

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