Deux experts de l’ONU, spécialisés en droits de l’Homme, se disent préoccupés par la politique de la Commission européenne en matière de sauvetage en mer Méditerranée. 

Selon Felipe González Morales, rapporteur spécial pour l’ONU sur les droits des migrants, et Nils Melzer, rapporteur spécial contre la torture :

« Le nouveau plan d’action de l’UE, dont un code de conduite pour les organisations opérant des navires de secours, menace des vies et n’est pas conforme aux normes internationales puisqu’il contraint les migrants à affronter des violations des droits humains en Libye. La solution n’est pas de restreindre l’accès aux eaux internationales ou de tirer pour menacer les bateaux, comme la Libye le fait régulièrement. Cela risque d’augmenter le nombre de morts de migrants en mer, contrairement à l’obligation de porter secours aux personnes en détresse »

“DÉPLACER LES FRONTIÈRES EN LIBYE”

Ils ont rajouté que les ONG fournissaient jusqu’à 40{aa800cd59a8e126a9c87cbda5ee1ecafe3daff93897672955994b8587645c0a2} des opérations de recherche et de sauvetage en Méditerranée. Selon les deux rapporteurs, la Commission européenne tenterait ainsi de déplacer les frontières européennes vers la Libye. Or, en vertu du droit international, les migrants devraient être autorisés à débarquer au port le plus proche où leur vie et leur liberté ne seraient pas menacées. Ils pourraient ensuite recevoir des soins et un traitement équitable de leurs demandes d’asile. Ils rajoutent :

La Libye ne peut tout simplement pas être considérée comme un endroit sûr pour débarquer et la politique de l’UE est en déni de ce fait. Les migrants interceptés par la Garde côtière libyenne seront confrontés à une détention illimitée dans des conditions extrêmes et inhumaines, à risque de mort, de torture ou d’autres violations graves des droits de l’homme, sans contrôle judiciaire”.

Interrogée par Euractiv, la Commission européenne répond que ces constats proviennent  « d’experts indépendants, et ne reflètent pas nécessairement celui du Haut commissariat aux réfugiés de l’ONU ». Tout en rappelant que l’UE finance en partie ce Haut Commissariat, limitant ainsi son indépendance sur le sujet.

Source : Haut-Commissariat des Nations unies aux droits de l’homme

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