ETUDE. Chaque jour, des milliers d’articles sont écrits sur le conflit en Syrie par des journalistes, analystes géopolitique, think-tank, associations d’aide au peuple syrien… La parole est rarement donnée aux Syriens eux-mêmes. C’est chose faite, avec cette (modeste) étude qui se penche sur l’avenir de la jeunesse réfugiée dans les camps libanais ou jordaniens.

Dans sa dernière enquête sur la jeunesse arabe, l’agence du Moyen-Orient ASDA’A Burson-Marstell basée à Dubaï, a tenté de combler ce vide en réalisant 400 entretiens entre le 12 février et le 12 mars 2017 auprès de réfugiés syriens âgés de 18 à 24 ans, vivant dans des camps ou établissements en Jordanie et au Liban. Ces jeunes ont été interrogés sur leur vision du conflit et notamment sur la question de savoir s’ils envisageaient de retourner vivre en Syrie.

Que pensent les jeunes Syriens ?

Plus de la moitié d’entre eux ne pensent pas retourner vivre en Syrie un jour. Leurs regards se portent sur l’Amérique du Nord (le Canada pour 27{aa800cd59a8e126a9c87cbda5ee1ecafe3daff93897672955994b8587645c0a2}, les Etats-Unis pour 23{aa800cd59a8e126a9c87cbda5ee1ecafe3daff93897672955994b8587645c0a2}), l’Europe, et dans le monde arabe, sur les Emirats arabes unis. Pour eux, ce sont des lieux où ils pourraient reconstruire leur vie.

Source : Arab Youth Survey / 2017

Des réponses différentes ont été observées en fonction du sexe des personnes interrogées. Les hommes pensent que l’Europe pourrait mieux les aider à préparer leur avenir en ouvrant davantage les frontières et en permettant à plus de réfugiés de s’y installer. De leur côté, les femmes veulent que l’Europe traite des problèmes liés à leur situation actuelle, en fournissant plus d’aide dans les camps ou établissements dans lesquels vivent les réfugiés.

Il a été demandé aux sondés quels événements importants pourraient entraîner leur retour en Syrie : la fin de la guerre civile (47{aa800cd59a8e126a9c87cbda5ee1ecafe3daff93897672955994b8587645c0a2}), le départ de Daech (25{aa800cd59a8e126a9c87cbda5ee1ecafe3daff93897672955994b8587645c0a2}), une amélioration de la situation économique (8{aa800cd59a8e126a9c87cbda5ee1ecafe3daff93897672955994b8587645c0a2}), le départ de Bachar al-Assad (7{aa800cd59a8e126a9c87cbda5ee1ecafe3daff93897672955994b8587645c0a2}), la mise en place d’élections démocratiques (7{aa800cd59a8e126a9c87cbda5ee1ecafe3daff93897672955994b8587645c0a2}), l’obtention pour les Kurdes de leur autonomie (6{aa800cd59a8e126a9c87cbda5ee1ecafe3daff93897672955994b8587645c0a2}).

Source : Arab Youth Survey

Une question aborde l’élection de Donald Trump : pour 66{aa800cd59a8e126a9c87cbda5ee1ecafe3daff93897672955994b8587645c0a2} des interrogés, son élection ne va rien changer à la situation en Syrie, contre 23{aa800cd59a8e126a9c87cbda5ee1ecafe3daff93897672955994b8587645c0a2} qui pensent qu’elle va empirer.

De plus, les jeunes réfugiés ne pensent pas que l’action militaire puisse vaincre à elle seule l’extrémisme : l’éducation,  l’information du public et l’emploi sont d’autres facteurs à prendre en compte pour cette jeunesse qui considère que montrer les différences entre l’idéologie de Daech et les vraies pratiques de l’islam pourrait être un levier important pour combattre l’extrémisme.

L’étude est résumée en vidéo ici (et sinon, vous pouvez la lire ) :

[youtube https://www.youtube.com/watch?v=VdOtKfBNuf0]

Après six ans de guerre civile en Syrie, l’UNHCR compte au total plus de 5 millions de réfugiés syriens. Près de 465 000 d’entre eux vivent actuellement dans des camps. Les dommages causés à l’économie syrienne sont estimés par la Banque mondiale à environ 226 milliards de dollars soit plus de 4 fois le PIB annuel du pays, avant le début de la guerre.

Moins tangible mais tout aussi importante, toute une génération s’est vue privée ces six dernières années d’éducation ou tout au mieux elle en a été fortement perturbée. Leurs chances de trouver un travail, dans ses conditions, et donc de subvenir à leurs besoins, est par effet de domino très diminué.

Sources :

Crédit photo : Florian Seriex 

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