3000 nuits avec des prisonnières palestiniennes

3000nuits_aff_40x60Ce mercredi 4 janvier sort au cinéma 3000 Nuits, premier long-métrage de fiction de la réalisatrice palestinienne Mai Masri. Tiré d’une histoire vraie, le  film raconte le quotidien d’une prison israélienne pour femmes, dans les années 80, à la veille des événements de Sabra et Chatila. Il suit notamment le parcours de Layal, une jeune institutrice palestinienne originaire de Naplouse. Condamnée à 8 ans d’emprisonnement pour un attentat dans lequel elle n’est pas impliquée, elle découvre l’univers carcéral et tout ce qu’il a d’impitoyable… Avant de s’apercevoir qu’elle est enceinte.

Malgré l’avis de son mari et de la directrice de prison, elle décide de garder l’enfant, une décision qui la fait douter, comme lorsqu’après une violente bagarre au réfectoire de cette prison qui mêle prisonnières israéliennes de droit commun et prisonnières politiques palestiniennes, elle réalise la difficulté de son choix : « Comment veux-tu que j’élève un enfant ici ? Et s’il m’arrive quelque chose ? »

SOLIDARITE

A travers le destin de Layal, 3000 Nuits montre une palette large de « solidarités » : celle entre femmes, entre mères, entre prisonnières, entre Palestiniennes… La réalisatrice montre avec merveille comme le temps s’arrête avec le sourire d’un enfant, faisant oublier, l’espace de quelques secondes, la dureté du quotidien et les tensions permanentes. Le film, tourné principalement caméra à l’épaule, zoomant de près sur le visage de ces femmes, traite moins de l’enfermement physique que de la liberté mentale. Même si elles sont enfermées, ces prisonnières comptent bien sauver la seule chose qui leur reste : leur honneur.

SCRATCH

Si le film est une fiction, Mai Masri s’est inspiré de la vie d’une Palestinienne qu’elle avait rencontrée et qui était détenue dans un prison israélienne quand elle a enfanté. Touchée par son histoire, Mai Masri, elle-même jeune maman, rencontre d’autres mères qui ont accouché en prison et décide d’en faire un film. Il sera tourné en Jordanie, dans une ancienne prison à Zarka, près d’Amman, avec une équipe dont la plupart des membres ont déjà été en prison ou ont eu un membre de leur famille en prison :

« Près de 20% des Palestiniens ont été détenus dans des prisons israéliennes, à un moment ou à un autre », explique Mai Masri.

SCRATCH

En avril dernier, le maire d’Argenteuil fait interdire le film de la programmation du cinéma indépendant local, ainsi que le documentaire La Sociologue et l’ourson, les deux films étant jugés « trop polémiques ». Le maire reçoit des représentants d’association qui dénoncent une censure, mais les films n’ont pas été programmés malgré tout.

Le 23 mai 2016, tout juste auréolé de la Palme d’or pour son film Moi, Daniel Blake, le réalisateur Ken Loach a déclaré, à propos de 3000 Nuits : « C’est un film fort et important qui raconte une histoire que nous devrions tous entendre. Censurer ce film est totalement aberrant. Le maire d’Argenteuil couvre de honte sa mairie et la ville qu’il représente (…) J’espère que tout ceux qui croient en la liberté d’expression vont demander la programmation de ce film. S’il vous plaît, voyez ce film, voyez le maintenant ! »

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