« Je veux être seule, indéfinie, imprévisible »

Cinéaste passionné de 24 ans, Thibaut Buccellato sort son nouveau court-métrage The Space Between Us, un monologue intérieur mélancolique célébrant le célibat et le choix d’être seul. L’occasion de découvrir ses inspirations cinématographiques et le parcours de ce jeune talent dont le thème fétiche est le souvenir.

Il y a un an le jeune vidéaste Thibaut Buccellato tombe sur l’article de la blogueuse américaine Beth Cormack : « A seulement 22 ans, je refuse de consacrer ma vie à quelqu’un d’autre », via le Huffington Post. Lui qui a déjà réalisé bon nombre de vidéos sur les couples, les souvenirs, les rencontres, il est touché par cet hymne au célibat :

« J’ai 22 ans. J’ai encore trop de décisions idiotes à prendre avant de prendre mon destin en main. J’ai le reste de ma vie pour trouver l’homme qui donnera à l’amour un tout nouveau sens. Ce jour viendra. Mais pas tout de suite. » (extrait de l’article de Beth Cormack)

Ce texte inspire Thibaut : « En le lisant je m’imaginais déjà des images de souvenirs », m’a-t-il confié. Il contacte alors la blogueuse mais les événements du 13 novembre vont le refroidir et le projet est abandonné. Un an après, il décide de la recontacter et lui demande d’écrire un autre texte, avec le même propos, en imaginant qu’elle regarde les couples autour d’elle.

INSPIRATIONS

Le réalisateur explique : « Je voulais faire une vidéo de quelqu’un qui est en train d’écrire, au milieu d’autres couples, en se souvenant des moments passés. J’avais en tête, comme référence la scène du café du film Le feu follet, de Louis Malle ou d’Oslo 31 août, de Joachim Trier« , les deux films étant inspirés du même roman : Le feu follet, de Pierre Drieu la Rochelle, publié en 1931.

  • La scène du café dans Le feu follet, de Louis Malle :

« J’aime beaucoup la façon dont Louis Malle montre un personnage solitaire, dépressif, regarder le monde s’activer autour de lui. Comme un spectateur, continue Thibaut. J’adore aussi la musique de Erik Satie qui colle parfaitement à la scène. Je pense que, de base, je suis assez pessimiste (ou je préfère dire « réaliste »), c’est peut être aussi ce que j’ai aimé dans le texte de Beth, qui parle pour une fois de quelqu’un qui aime être seul. »

  • La scène du café dans Oslo, 31 août, de Joachim Trier :

Thibaut est aussi inspiré du film Eternal Sunshine Of The Spotless Mind de Michel Gondry, pour l’acceptation de la rupture, et le fait qu’une histoire, même s’il elle se termine mal, vaut le coup car il restera toujours de beaux souvenirs et moments passés. Her aussi, pour la solitude du personnage et la façon dont sont montrés les souvenirs.

« On passe tous par ces moments de déprime, de déception amoureuse. On connait tous des ruptures. Il faut laisser les choses venir, ne pas se presser, accepter que pour le moment les choses sont comme ça. Evidemment partager sa vie est fort et beau. Et cela arrivera. Il faut juste laisser ce jour arriver, » conclut Thibaut.

LA RENCONTRE

J’ai découvert ce jeune cinéaste en herbe en mai dernier, il avait alors 24 ans. Pour son âge, il a déjà à son actif un grand nombre de courts-métrages (je vous laisse voir par vous-même sa chaîne Youtube). L’un d’eux m’avait particulièrement marqué : Je suis une rencontre, un film qu’il a réalisé à l’âge de 21 ans, dans le cadre du 48h film project 2013 et avec lequel il a remporté le prix des écoles au festival Nikon :

Passionné de cinéma depuis tout petit, Thibaut économise et s’achète un caméscope à 11 ans pour faire de petits films, ses premiers. Il choisit l’option cinéma au lycée puis se lance dans un licence. Mais il ne va jamais en cours et préfère réaliser des courts-métrages et des stages. A la suite de l’un d’eux, il est embauché à 22 ans à la boîte de production Insurrection en tant que directeur artistique. Et continue de réaliser ses films, sur son temps libre, encore et encore.
Aujourd’hui, le projet qui lui tient à cœur est son premier long-métrage qu’il écrit depuis ses 18 ans : un film très personnel. Il cherche actuellement un producteur pour ce projet.
"The Space Between Us", de Thibaut Buccellato, 2016.

« The Space Between Us », de Thibaut Buccellato, 2016.

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