Des familles et des chaises vides pour représenter les disparus

[ Calendrier de l’Avent photo ] Chaque jour découvrez une image sur le thème de la famille. En ce 15 décembre 2016, une image tirée de la série « Lost Family Portraits » de Dario Mitidieri. 

Documenter la guerre en Syrie, c’est montrer les milliers de morts, mais c’est aussi parler du sort des survivants. Commissionné par l’agence créative M&C Saatchi et l’agence de développement CAFOD pour une campagne de sensibilisation, le photographe Dario Mitidieri s’est rendu en 2015 dans le camp de réfugiés Bekaa Valley, au Liban à une dizaine de kilomètres de la frontière syrienne, pour photographier les familles syriennes ayant perdu un ou plusieurs de leurs membres. Tel un véritable portrait de famille, le photographe a pris soin de laisser un espace vide à la place du ou des disparus, pour souligner l’absence, la perte, le deuil. Dario Mitidieri, d’origine italienne et vivant actuellement à Londres, s’est expliqué sur cette série intitulée « Lost Family Portraits » :

« Prendre une photo de famille est généralement un événement heureux, pourtant, cette fois, c’était un moment triste. Les gens disaient, comment pouvons-nous être heureux quand ceux que nous aimons sont absents. Pour eux, la séance de photo ravivait la perte, mais ma démarche était de prévenir et d’informer les gens sur ce qui est en train de se passer ici, pas seulement pour ces familles, mais aussi pour des milliers d’autres. »

Owayed a réussi à fuir la Syrie avec son épouse et sa fille. La famille est arrivée au camp il y a six mois, après un voyage éprouvant au cours duquel ils ont été menacés par des rebelles. Mais Owayed a dû laisser en Syrie ses quatre fils, dont l’un est aveugle, et depuis il n’a pas de nouvelles. Il craint pour leur sécurité et s’inquiète pour l’avenir. “Ici ce n’est pas une vie, nous ne vivons pas,” dit-il. “Nous avons la sécurité, mais ce n’est pas une vie.” Le conflit syrien a duré jusqu’à présent plus que la Première Guerre Mondiale. Il y a eu plus de 250.000 morts, et plus de quatre millions de personnes ont fui vers les pays voisins, où ils vivent dans des conditions d’extrême difficulté. Photo : Dario Mitidieri

Owayed a réussi à fuir la Syrie avec son épouse et sa fille. La famille est arrivée au camp il y a six mois, après un voyage éprouvant au cours duquel ils ont été menacés par des rebelles. Mais Owayed a dû laisser en Syrie ses quatre fils, dont l’un est aveugle, et depuis il n’a pas de nouvelles. Il craint pour leur sécurité et s’inquiète pour l’avenir. “Ici ce n’est pas une vie, nous ne vivons pas,” dit-il. “Nous avons la sécurité, mais ce n’est pas une vie.”  Photo : Dario Mitidieri

> Voir la série complète et lire les histoires de ces familles (ou sur The Guardian en anglais)

Les épisodes précédents :

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