« Celui qui est né dans la tempête n’a pas peur du vent » Ahmed Deeb pourrait se définir par ce proverbe arabe. Ce photojournaliste indépendant palestinien travaille depuis près de 8 ans déjà. La chaîne de vidéos d’Al-Jazeera, AJ+, vient de lui consacrer un portrait remarquable : « Son of war » ou « Le fils de la guerre ». Découverte d’un reporter de guerre, au talent inné.

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Ahmed Deeb is a Palestinian living in the Gaza strip, and is a photographer with Nurphoto. Deeb is covering the news in the Gaza Strip and recently events including the conflict in Syria and the fall of the Egyptian regime. Deeb was awarded 3rd in news photography in 2011, by the Thomson Foundation. (Credit Image: by © ZUMAPRESS.com)

Ahmed Deeb © ZUMAPRESS.com

Quand Ahmed était jeune, son oncle lui offre un appareil photo. Il se forme tout seul à l’image, photographiant les paysages de Gaza, où il habite : la mer, les habitants… En 2008, il couvre la guerre à Gaza, photographie les blessés, les massacres : « Je m’inquiétais beaucoup pour mes amis, ma famille. Je me disais qu’à n’importe quel moment, on allait m’appeler pour m’annoncer que ma famille était blessée. Un avion israélien a frappé la famille de mon oncle. Ils ont tué 11 membres de ma famille : mon oncle, ses fils, ses filles, les enfants… C’était horrible. »

« La mort de ma famille m’a donné la motivation de devenir photojournaliste. » 

Depuis ce temps-là, Ahmed ne cesse de couvrir les guerres. Basé actuellement en Turquie, il traverse régulièrement la frontière pour rapporter les images de la situation en Syrie : dans les ruines, auprès des habitants qui ont tout perdu mais aussi sur les lignes de fronts aux côtés des groupes armés. Ahmed Deeb n’a pas les moyens de s’offrir une protection, sur le terrain. Ses armes : son courage, son instinct et sa très grande humanité.

Un homme dans les décombre, à Alep, juillet 2014 / AHMED DEEB/AFP/GETTY IMAGES

Un homme dans les décombre, à Alep, juillet 2014 / AHMED DEEB/AFP/GETTY IMAGES

Juste après une explosion dans la vieille ville d’Alep : « La première chose que j’ai vue, c’est ce vieil homme, dans les décombres. Son visage était recouvert de poussière et de sang. Je ne pouvais pas imaginer qu’il était vivant. Et puis, j’ai réalisé qu’il respirait encore. »

« Je trouve qu’il y a beaucoup de similitudes entre la situation de Gaza et celle de la Syrie. La majorité des gens sont des réfugiés à Gaza. Ma famille, ce sont des réfugiés. Je comprends très bien la souffrance que peuvent ressentir les réfugiés. En Syrie, ils ont le même regard qu’à Gaza. »

Tunneling in Gaza

Tunneling in Gaza / Ahmed Deeb

Aujourd’hui, Ahmed Deeb travaille pour l’AFP, Al-Jazeera ou encore l’agence française Capa TV. Pourtant, il est moins bien payé que ses collègues européens ou anglo-saxons :

« Les agences payent mal. Ils me voient comme un photographe arabe ou un journaliste local. Pas comme un journaliste international. Je trouve qu’il y a moins de respect pour les journalistes arabes. Pourtant, ce sont nous qui souffrons. Quand il se passe quelque chose, j’en suis le témoin. Un jour, ce sera peut-être moi « l’information. »

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Photo : Ahmed Deeb, Gaza, 2013.

Photo : Ahmeed Deeb

Photo : Ahmed Deeb

Photo : Ahmeed Deeb

Photo : Ahmed Deeb

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Photo : Ahmeed Deeb

Photo : Ahmed Deeb

Photo : Ahmeed Deeb

Photo : Ahmed Deeb

Son site internet : http://www.ahmeddeebphoto.com/

Son compte Instagram : https://www.instagram.com/ahmd_deeb/

 

 

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