Coca Cola : marketing bisounours et dossiers compromettants

Cola Cola est la cible d’une tribune énervée d’une militante espagnole… Loin de l’image pailletée que s’est créée la marque à grand coup de marketing basé sur la notion de bonheur, la militante ressort des placards les vieux dossiers que la marque préférerait ne pas voir ressurgir. Des conditions de travail indignes à des affaires de meurtres douteuses… Cola Cola est bien loin du bonheur en cannette.

2vvj1i0AOn2wqR8X2HnMOaQrVygIntéressante tribune que vient de publier la militante altermondialiste Esther Vivas, basée à Barcelone, et qui a été reprise en France par le magazine Basta !, un site indépendant d’information sociale et environnementale aux enquêtes fouillées et de qualité. Esther Vivas a déjà écrit, entre autres, des livres sur la finance et la mondialisation : En campagne contre la dette (éd. Syllepse, 2008), Résistances globales. De Seattle à la crise de Wall Street (2009, en espagnol) ou encore Supermarchés, non merci et Où va le commerce équitable ?. Elle poste ici une tribune contre Coca Cola, mettant en parallèle le message marketing de la boisson gazeuse (« Ouvrez un Cola Cola, ouvrez du bonheur ») avec le sort réservé aux employés de la marque et aux désastre écologiques constatés sur son passage dans certaines régions du monde :

« Il suffit pour s’en convaincre d’écouter les travailleurs des usines que la multinationale veut fermer dans l’État espagnol, ou les syndicalistes persécutés – et y compris kidnappés et torturés – en Colombie, en Turquie, au Pakistan, en Russie, au Nicaragua ou les communautés de l’Inde qui sont restées sans sources d’eau après le passage de la compagnie (…) Son historique d’abus contre les droits sociaux et du travail traverse, comme ses rafraîchissements, toute la planète », signe la militante.

Elle rappelle que, dans le cadre d’une procédure de restructuration et de licenciement collectif, la multinationale est en train de fermer quatre de ses onze usines situées en Espagne, entraînant ainsi le licenciement de 1250 travailleurs et le replacement de 500 autres. Une restructuration qui pose question quand on sait que Coca Cola dégage environ 900 millions d’euros et un chiffre d’affaire de plus de 3 milliards d’euros, selon les chiffres du syndicat CCOO, qui, même si l’on peut les remettre en question, n’enlève pas l’idée que cette firme est une entreprise à très forte croissance. Ces licenciements annoncés sont davantage pilotés par l’idée de faire toujours plus de bénéfices que par une volonté de diminuer les pertes, soyons honnêtes.

Mark henley coca cola

© Mark Henley

Meurtres et omerta

Si encore il n’y avait que cela… Esther Vivas revient sur une affaire trouble, qui heureusement pour la marque, n’a tourné que dans un réseau très restreint mêlant militants, intellectuels et citoyens engagés. Un très bon documentaire intitulé sobrement « L’affaire Coca Cola » (découvert dans cet excellent coffret qui regroupe des documentaires sélectionnés par le Festival International du Film des Droits de l’Homme dont la prochaine édition se tient du 11 au 22 mars), avait largement traité de cette facette cachée de Coca Cola.

1802-film-cokeLe réalisateur, Germán Gutiérrez, a suivi pendant trois ans l’action de deux avocats américains qui se battent pour que la responsabilité de la firme soit reconnue dans une affaire de meurtres. En effet, depuis les années 90, en Colombie, huit syndicalistes travaillant dans une usine d’embouteillage Coca Cola ont été assassinés par des forces paramilitaires, et 65 autres ont reçu des menaces de mort. Un syndicaliste colombien accuse l’entreprise d’être derrière ces meurtres et une plainte a été déposée aux États-Unis. Au-delà de ce procès que le spectateur suit pas à pas, avant le grand dénouement judiciaire et le grand désenchantement des avocats, le film révèle surtout les conditions détestables des travailleurs sud-américains : salaires de misère, pressions, menaces de licenciement à chaque instant, loi du silence imposée… On apprend aussi, par exemple, que les transporteurs de Coca Cola sont financièrement responsables de la marchandises. En clair : s’il arrive quoique ce soit (accident, vol, braquage, etc.) pendant la livraison, l’employé devra payer de sa poche. Et en Colombie, les incidents de ce genre ne sont pas rares.

Quand est-ce que les « grands médias » se décideront enfin à montrer au public ces tristes affaires ? En attendant, on préfère nous offrir un gentil documentaire sur la « recette magique du Cola Cola ». En le vendant, en plus, comme une enquête impertinente… Jugez par vous-même.

Margaux Duquesne

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