Confessions hacker : ma première fois… sur Internet

Souvenir : c’était un beau projet, produit l’année dernière, que tous les geek, hackers, nostalgiques… et autres amoureux de la toile ont apprécié. « Une contre-histoire des internets » est un webdoc collaboratif, en ligne et ouvert à tous, qui revient sur le tout début d’Internet, avec ses anecdotes croustillantes et ses souvenirs de « vieux sages numériques ». En voyage, Marty !

« La rumeur prétend que les « autoroutes de l’information » ont été inventées par Al Gore et George W. Bush pour permettre aux soldats homosexuels américains déployés à l’étranger de pouvoir continuer à télécharger du porno -même en cas d’attaque nucléaire. La vérité, c’est qu’Internet a été créé par des hippies qui prenaient du LSD, mais qui n’en étaient pas moins financés par l’armée américaine, afin de permettre aux ordinateurs de communiquer, et protéger les communications -même en cas d’attaque nucléaire. Srsly. » C’est ainsi que se présente le projet de webdocumentaire « Une contre-histoire des internets » a été mise en ligne il y a un an mais reste toujours autant d’actualité. Il se prolonge par une version « pure » documentaire, sous le nom (remarquez la nuance) : « Une contre-histoire de l’Internet ».

zimmerman

Internet : la grande photo de famille

Si ce webdoc ne devait avoir qu’une bande son unique, ce serait probablement ce crépitement du Modem, bien avant l’arrivée du haut débit, de la 3G, de la 4G… A l’origine de ce projet de «mémoire collective », une idée simple (soufflée par le journaliste-punk David Dufresne,@DavDuf,  pour les intimes, à qui l’on doit notamment le très encensé Prison Valley et le plus récent Fort McMoney) : et si on racontait notre propre histoire d’Internet ? Oui, parce que leurs auteurs rappellent à juste titre que le net, c’est « aussi et surtout une histoire d’individus, de gens (#lesgens) » :

« les internets, c’est vous, c’est nous, c’est aussi et surtout ce que l’on fait, crée, remixe et partage sur les réseaux. Les internets, c’est l’Internet moins les tuyaux. »

A la réalisation, Julien Goetz, un ancien journaliste du défunt site Owni et Jean-Marc Manach, journaliste (et twittos) aguerri, auteur du blog Bug Brother.Les internautes sont invités à témoigner, sur le site (dont on doit le look à l’illustrateur Loguy,  mis en place pendant six semaines. Première expérience, ses débuts sur Caramail… la plateforme propose également ses propres vidéos, une sorte de teasing du documentaire à suivre en mai.

Jean-Marc Manach, revient sur sa première aventure virtuelle et la dimension sociale du numérique : « Je pense avoir plus appris pendant les quelques mois où, pour financer mes études, je fus animatrice de minitel rose, que pendant les premiers mois où je découvrais le Net. L’intensité et la violence des rapports humains auxquelles j’ai pu être confronté pendant ces nuits de minitel rose m’ont fait comprendre à quel point le principal intérêt du réseau ce n’était pas de connecter des tuyaux, des machines et des ordinateurs, mais de connecter et libérer la parole d’êtres humains… »

We learn, we share, we teach

Dans la rubrique « Hack Culture » du site, par exemple, on retrouve Richard Stallman, célèbre «pape du logiciel libre », qui nous raconte comment, à 10 ans, il avait déjà commencé à coder… par écrit :

Olivier Laurelli, alias @bluetouff, décrypte également sa vision du « hacker » :

Le Net des Pédo-Nazis

Traiter d’Internet, c’est aussi traiter de ses détracteurs. Car si le libre partage, la liberté d’expression sont, pour bien des gens, indiscutables, il n’en a pas toujours été ainsi de certaines autorités ou institutions notamment (encore aujourd’hui, le débat ne cesse de diviser citoyens et classes politiques sur le sujet).

En témoigne, par exemple, Jean Guisnel, auteur pionnier sur le sujet, qui avait publié le livre « Guerre dans le cyberespace »… en 1995 ! L’ouvrage traitait notamment des liens entre services secrets et Internet. Il raconte par exemple, sur le site du webdoc, comment France Telecom voulait interdire Internet, en 1995.

pedonazis 

manhackQui sont dont les ennemis de l’Internet ? « Ceux qui n’y sont pas, mais qui voudraient y faire la loi, et le coloniser (lire à ce propos Les internautes, ce « douloureux probleme »), plutôt que d’apprendre à le connaître, et à le respecter; ceux qui voudraient en faire un minitel 2.0, et réintroduire de la verticalité et des formes de contrôle social là où elles n’ont plus lieu d’être; le complexe militaro-industriel qui veut faire du Net un champ de bataille, et qui agite le spectre de la « cyberguerre » pour asseoir leurs marchés; les bien-pensants qui, sans même se rendre compte de la violence de leurs propos, diabolisent le Net ou le caricaturent en agitant le chiffon rouge des « 4 cavaliers de l’infocalypse » (les pédonazis, les terroristes, les dealers de drogue & autres escrocs, et -bien évidemment- les « pirates ») et qui, in fine, n’aident pas les défenseurs des libertés : il n’y a ni plus, ni moins, de personnes malintentionnées sur les réseaux. Mais, et de même que la révolution sexuelle n’a pas fait de nos sociétés des partouzes généralisées, je ne vois pas en quoi la libération de l’accès à l’information ne pourrait pas profiter à l’ensemble de la société. »

Retour vers le futur 2.0

L’Internet du passé est passionnant. Et dans 10 ans, à quoi ressemblera notre Internet ? « Je ne sais où en sera l’Internet des objets, ni la minitellisation du Net, mais je me plais par contre à penser qu’il y aura encore plus de hackerspaces, Fab Lab, que l’Internet sera encore plus et mieux utilisé à l’école et à l’université, que de plus en plus de gens auront les mains dans le code et bidouilleront des objets, et que cette façon de partager, de co-créer, de « faire » à plusieurs aura contribué à démocratiser encore un peu plus nos sociétés. », conclut Jean-Marc Manach.

Margaux Duquesne

Article réalisé pour l’Informaticien lors de la sortie du documentaire en avril 2013.

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