Tueuses en série : l’horreur à domicile

Alors que pour certains serial killers « hommes » le but ultime n’est pas de tuer, la femme tueuse en série, elle, n’a que ça en tête. Contrairement à son homologue masculin, elle s’attaque plutôt à son entourage. Tableau des principaux profils et mobiles.

LA COMPLICE

Monique Olivier, compagne de Michel Fourniret © AFP

Monique Olivier, compagne de Michel Fourniret © AFP

« Sur les 62 tueuses en série connues aux Etats-Unis ayant vécu entre 1800 et 1995, un tiers ont agi en tandem ou en couple », relate Peter Vronsky dans son livre consacré aux femmes serial killer[1]. Elles ne commettent pas forcément de meurtres ou d’agressions sexuelles, mais elles aident leur conjoint dans leur entreprise criminelle. Une étude réalisée en 2002 révèle que 75 % des tueuses en série disent avoir agi « par amour ou par désir de plaire à son homme. » En France, Monique Olivier a été la complice de Michel Fourniret. La police belge l’a décrite comme soumise. Une thèse réfutée par des psychiatres français, qui pensent qu’avec son QI de 131 elle a « alimenté et facilité le fonctionnement pervers » de son mari.

>> A lire aussi : Lettre d’un tueur de masse

LA VEUVE NOIRE

Velma Barfield

Velma Barfield

La « veuve noire » est le cas le plus fréquent de tueuse en série. Son mobile est l’appât du gain. Elle peut aussi tuer par vengeance ou par soif de contrôle. Pour cela, elle est prête à liquider hommes, femmes, enfants (les siens ou ceux des autres). Souvent elle disparaît dans la nature pour reconstruire sa vie. Son arme préférée est le poison, mais il y a des exceptions. La Norvégienne Belle Guness, par exemple, qui recrutait ses maris par petites annonces, les matraquait à mort et les démembrait parfois. Velma Barfield (Etats-Unis) immolait ses époux pendant qu’ils dormaient.

L’ANGE DE LA MORT

Genene Jones

Genene Jones

C’est l’infirmière tueuse. La mort de ses victimes, malades ou âgées, est considérée comme naturelle ou accidentelle aux yeux des autres. Elle dit vouloir rendre service à ses patients en les délivrant de leurs souffrances. Le cas le plus connu est celui de l’Américaine Genene Jones, infirmière pédiatrique. Elle fut condamnée pour deux meurtres, mais on la soupçonne d’avoir tué 47 enfants. Sa peine totale est de cent cinquante-neuf ans de prison. Elle a présenté une demande de mise en liberté conditionnelle, qu’elle devrait obtenir en 2017. Elle aura alors 67 ans.

LA BABY-SITTER

Christine Falling se rend au tribunal, décembre 1982. © Mark Foley / AP

Christine Falling se rend au tribunal, décembre 1982. © Mark Foley / AP

Christine Falling est l’exemple type de la baby-sitter tueuse. Son cas met en lumière l’un des principaux traits  caractéristiques des serial killers : l’enfance malheureuse. Christine est née en 1963 en Floride, dans une famille de neuf enfants. La mère se prostitue. Christine est victime de violences de la part de ses parents. À 4 ans, elle est adoptée avec sa sœur par un couple de religieux, qui la bat, l’insulte et l’enferme dans un placard. Elle assiste au viol de sa sœur par son père adoptif, qui essaie ensuite de l’étrangler. À 7 ans, elle commence à tuer des animaux, puis à 10 ans ses premiers fantasmes de meurtres l’envahissent. Elle devient baby-sitter et provoquera la mort de six enfants. Pourquoi ? « Tout simplement parce que cela me plaisait. Je sais que c’est brutal à dire, mais c’est comme ça. J’aimais les voir mourir.[2]

LA PETITE FILLE

Mary Bell

Mary Bell

Mary Bell (Angleterre) est une tueuse en série de 11 ans. En mai 1968, elle attire un garçon dans un immeuble abandonné avant de l’étrangler. On conclut à une mort accidentelle. Le même jour, elle tente d’étrangler une fillette de son âge, mais le père de celle-ci l’interrompt. Plus tard, elle étrangle un garçon de 3 ans, le poignarde avec des ciseaux, tente de le castrer et grave la lettre M sur son ventre. Les soupçons autour de la fillette apparaissent alors qu’elle accuse d’autres enfants de ce crime. Interrogée par la police, elle réclame un avocat… Elle est ensuite reconnue « coupable mais irresponsable » en 1969 et est internée dans un établissement psychiatrique. Lors de son procès, elle dit : « Le meurtre, c’est pas aussi horrible que ça. On meurt tous un jour, de tout façon. » Libérée en 1980 à 23 ans, elle eu une fille et vit aujourd’hui dans l’anonymat.

Meurtre en série, portrait d’une société

Contrairement à certaines idées reçues, la criminalité mondiale est en baisse. Les biens sont mieux protégés qu’auparavant. Un certains nombre de pays, comme les Etats-Unis, pratiquent la « tolérance zéro ». Si avant, les crimes étaient le plus souvent perpétrés par des personnes de l’entourage (mari jaloux, ami en colère etc.), la proportion des meurtres commis par des « inconnus » (braqueurs, rôdeurs, règlements entre gangs ennemis) a fortement augmenté. Et particulièrement en France. « Les ministères de l’Intérieur et de la Justice se gardent bien de nous claironner au mois de janvier que toutes les agressions, violences, envers les personnes, actes de tortures et de barbarie, sont en forte progression tous les ans », observe Stéphane Bourgoin, auteur spécialisé depuis plus de trente ans dans les tueurs en série.

Stéphane Bourgoin dans sa librairie Le Troisième Oeil (Meyer/Tendance floue)

Stéphane Bourgoin dans sa librairie Au Troisième Oeil (Meyer/Tendance floue)

Comment expliquer cette montée de violence gratuite ? « C’est le portrait d’une société où la violence est devenue une certaine forme de langage et de communication. C’est pour ça que, malgré des statistiques fiables sur le sujet, je pense que le nombre de tueurs en série est en augmentation un peu partout à travers le monde », analyse le spécialiste. Est-ce parce que les médias en parlent davantage ? Est-ce dû au fait que les nouvelles techniques de profilage permettent aux autorités de mieux relier les crimes et disparitions non élucidés entre eux, alors qu’ils étaient isolés auparavant ? Et France, depuis 1999, Stéphane Bourgoin a comptabilisé environ dix tueurs en série chaque année. Le serial killer, longtemps vu comme une spécificité des pays-saxons, se fait moins rare qu’il n’y paraît.

« Je suis Dieu »

guygeorges

Guy Georges

Selon la définition du FBI, le tueur en série est un meurtrier qui a commis trois crimes –il peut tuer plusieurs personnes lors d’un même « incident criminel ». Il faut qu’il y ait un certain intervalle de temps entre chaque crime (pour le différencier des « criminels de masse », comme ceux par exemple qui abattent un grand nombre de personnes dans les lieux publics, comme les écoles). Le serial killer a toujours au moins un mobile d’ordre psychologique, bien qu’il peut aussi avoir plusieurs raison de tuer. Guy Georges, le « tueur de l’Est parisien », avait un mobile crapuleux : il extorquait le code des cartes de crédit de ses victimes, leur volait leur appareil photo ou baladeur audio pour les revendre au marché aux puces… Mais il violait aussi ses proies. Détrompez-vous : ce genre de tueur n’agit pas forcément sous l’emprise de pulsion sexuelles. Prenons le cas des « snipers de Washington » qui se cachaient dans la rue ou devant les écoles pour tirer sur des passants, adultes ou enfants : Lee Boyd Malvo et John Allen Muhammad n’ont absolument jamais approché leurs victimes. Pourquoi agissaient-ils ainsi ?

Donald Harvey interviewé par Stéphane Bourgoin

Donald Harvey interviewé par Stéphane Bourgoin

Par désir de toute-puissance et de contrôle. L’un des snipers avait déposé une carte à jouer sur l’un des corps, à l’attention des policiers, où était écrit : « Je suis Dieu. » Donald Harvey, un Américain qui affirme avoir tué 87 personnes, analyse son propre comportement lors d’un entretien vidéo mené par Stéphane Bourgoin : « Lorsque je tuais, c’était la première fois de mon existence où j’avais le contrôle de ma propre vie, où c’était moi le maître, où c’était moi qui décidais. Je n’étais plus une victime. »

Psychopathe ou psychotique ?

Dans 99,5 % des cas, ces meurtriers sont des psychopathes, aptes à différencier le bien du mal et donc responsables devant la justice. Ils sont la particularité de n’avoir aucun affect, aucune empathie et vont totalement dépersonnaliser leurs victimes, qui ne sont pour eux que des « choses ». Ils sont la plupart du temps dotés d’une intelligence supérieure à la moyenne et arrivent aux yeux de tous à paraître tout à fait normal. C’est la raison pour laquelle la police met longtemps à les attraper. Les autres, dans de rares cas, sont des psychotiques aussi appelés « tueurs désorganisés » : avec en général des antécédent psychiatriques reconnus, ils peuvent entendre des voix, être schizophrènes ou paranoïaque.

Richard Chase

Richard Chase

Richard Chase, surnommé « le vampire de Sacramento » – il buvait le sang de ses victimes et se livrait à des actes de cannibalisme –, entendait des voix au téléphone lui disant que ses voisins étaient des nazis ou que ses parents tentaient de l’empoisonner avec sa nourriture. Persuadé que ses organes bougeaient à l’intérieur de son corps, il dormait avec des oranges autour de la tête pour que le vitamine C pénètre son organisme et stabilise ses organes…

Malgré l’avancée des recherches en matière de profilage (étude des comportements des tueurs en série), ces criminels restent très difficiles à capturer, même s’ils ne sont pas organisés, car la plupart du temps, ils ne connaissent pas leur victimes.

Selon Joël Vaillant, ancien gendarme qui a dirigé l’enquête sur les disparus de Mourmelon et a coordonnée celles sur Michel Fourniret et sur Francis Heaulme, les quatre mobiles des tueurs en série selon

  • Le pouvoir, le droit de vie et de mort sur autrui ;
  • La perversité, la pulsion sexuelle ;
  • La « mission » comme éradiquer la luxure (Jack l’Éventreur) ou salir la pureté (Michel Fourniret) ;
  • La « vision », la petite voix qui ordonne de tuer une personne des raisons surréalistes.

Margaux Duquesne


[1] Femme serial killers. Pourquoi les femmes tuent ?, de Peter Vronsky, 2007, éditions Balland.

[2] Extrait du livre Serial Killers. Enquête sur les tueurs en série, de Stéphane Bourgoin, réédité en 2003, éd. Grasset.

6 réflexions sur “Tueuses en série : l’horreur à domicile

  1. MARY BELL A ELLE MEME DIT AVOIR TUE PARCEQU’ELLE DETESTE LES HOMMES CAR SA MERE ETAIT UNE PUTE.LA NATURE DE SES MEURTRES EST EXACTEMENT CELLES D TUEURS QUI ASSASSINENT LES FEMMES PAR VENGENCE.LA PREUVE:ELLE A MEME COUPÉ UNE MECHE DE CHEVEUX SUR LA VICTIME DE 4 ANS ET L’A GARDE POUR REVIVRE SON CRIME.COMMENT A T ON PU LA DECLARER COUPABLE ET IRRESPONSABLE A LA FOIS?C IMPOSSIBLE. LE PSY A MENTI POUR LUI EVITER LA PERPETUITE CAR IL AURAI DIT A LA COUR DE QUELLES TROUBLES ELLE EST ATTEINTE SI CT VRAIMENT UNE MALADE MENTALE.EN PLUS ELLE NE SUIVAIT AUCUN TRAITEMENT ET SURTOUT N’A PAS EXPRIMEE L’OMBRE D’UN REGRET. AU CONTRAIRE ELLE A DIT:C PAS SI HORRIBLE LE MEURTRE ON MEURT TOUS UN JOUR EN SACHANT QUE C DE LA STRANGULATION D’UN ENFANT DE 4 ANS QU’ELLE PARLE.LA SEULE DIFFERENCE ENTRE LES PLUS REPUGNANTS TUEURS ET ELLE C SON AGE.

    • Elle est déclarée irresponsable parce qu’elle est jeune donc elle a un manque de maturité. Sa maman a essayé de la tuer plusieurs fois, et elle obligeait sa fille a avoir des rapports avec ses clients. La petite n’a donc eu aucune éducation, elle n’avait alors aucune notion du bien et du mal. C’est donc pour cela qu’elle n’a exprimé aucun regret, elle ne comprend pas pourquoi tuer c’est pas bien.

  2. Pingback: Lettre d’un tueur de masse | Journaleuse - Le blog de Margaux Duquesne

  3. Pingback: CHRIS : 4 Enfants Tueurs Flippants | Soyez curieux

  4. Pingback: La part de responsabilité de la société – Tueurs en Série

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