J’irai danser chez vous

Festival Transe, soirée d’ados, thé dansant du troisième âge, nuit dans les catacombes de Paris… Quentin Cherrier s’incruste partout pour réaliser sa série « J’irai danser chez vous« . Il capte le naturel avec douceur et style. Rencontre avec ce reporter de proximité…

J’ai découvert les photos de Quentin Cherrier, en surfant sur le site de Brain Magazine, que j’affectionne particulièrement pour sa célèbre Page Pute. Je suis tombée un jour sur une série intrigante : « J’irai danser chez vous ». Le premier reportage que j’ai vu était consacré à une soirée dans les catacombes de Paris :

J’irai danser chez vous – Dans les catacombes de Paris © Quentin Cherrier

J’irai danser chez vous – Dans les catacombes de Paris © Quentin Cherrier

J’irai danser chez vous – Dans les catacombes de Paris © Quentin Cherrier

J’irai danser chez vous – Dans les catacombes de Paris © Quentin Cherrier

J’ai eu envie de savoir comment était née cette série. Nous nous sommes donc rencontrés à Paris.

« Le jour où je suis né, mon grand-père m’a acheté un fusil. Après, je l’ai remplacé par un appareil photo. » Je crois que c’est l’une des premières phrases de notre entretien. Il annonce la couleur. Quentin Cherrier est un jeune photographe, qui a passé une grande partie de son enfance à voyager, aux côtés de son père. « J’ai vu des choses très différentes, je crois que c’est de là que m’ai venu l’envie de les « ramener ». Ma famille m’a fait comprendre que, pour eux, la photographie n’était qu’un hobby, et non un métier. » Quentin poursuit donc une formation en publicité, mais se refuse à intégrer une agence : « Comme disait Desproges, je n’avais pas envie de vendre des vélos à des poissons rouges. » « Un jour, mon cousin de 17 ans m’a invité à une fête à Béthune, dans le Nord-Pas-Calais. Me retrouver dans cette beuverie… je me suis rendu compte que ça pouvait faire un bon sujet.  C’était une communauté bien ciblée : la jeunesse de Béthune, avec sa musique électro et ses roulages de pelles. La série est partie de là. »

J’irai danser chez vous – Béthune © Quentin Cherrier

J’irai danser chez vous – Béthune © Quentin Cherrier

J’irai danser chez vous – Béthune © Quentin Cherrier

J’irai danser chez vous – Béthune © Quentin Cherrier

Les photographies sont accompagnées de texte racontant les anecdotes, observées pendant le reportage. « J’écris parfois aussi sur des photos que j’ai pas réussi à prendre : que j’ai raté à cause d’un problème de vitesse, de lumière, de cadrage… » « Avec certaines personnes, il faut beaucoup leur parler pour qu’ils réussissent à faire confiance. Avec les personnes âgées, par exemple, que j’ai photographiées pendant un thé dansant.  Ils étaient accueillant mais restaient suspicieux.» A ses débuts, Quentin suit la clique du label Ed Banger. C’est lors de soirées Panik  qu’il fait ses premières images du genre. « C’était très formateur, notamment pour apprendre à photographier la nuit, sans flash. Ca m’a appris à courir après la lumière, de façon presque inconsciente. »

J’irai danser chez vous – Halloween à la Cité U © Quentin Cherrier

J’irai danser chez vous – Halloween à la Cité U © Quentin Cherrier

As-tu l’impression de faire du gonzo journalisme ?  « Pas du tout, il ne faut pas que ce soit du gonzo. Même si je trouve ça génial, ça manque de recul. On est souvent dans l’action, mais pour moi, le travail du photographe, c’est justement de prendre du recul, de prendre le temps avant le reportage, et après, dans le choix des images. » « Je travaille à l’instinct. Si je réfléchis, la photo est passée. Après, il faut choisir quel moment exprime ce dont tu veux parler. Il doit y avoir une volonté artistique ou journalistique. » Qu’est-ce qui pourrait t’empêcher de prendre une photo ? « Je ne prends pas de photographie quand je sais que, par la suite, ça va m’empêcher d’en prendre d’autres. Par exemple, si une personne pense que je suis un voyeur, elle va avoir de l’appréhension, se braquer… et le reportage est foutu. J’essaye d’être discret, de ne pas déranger. Je ne veux être pris ni pour un étranger, ni pour un copain. Il faut trouver l’équilibre. »

J’irai danser chez vous – Hadra Trance Festival © Quentin Cherrier

J’irai danser chez vous – Hadra Trance Festival © Quentin Cherrier

J’irai danser chez vous – Hadra Trance Festival © Quentin Cherrier

J’irai danser chez vous – Hadra Trance Festival © Quentin Cherrier

J’irai danser chez vous – Hadra Trance Festival © Quentin Cherrier

J’ai découvert, ensuite, d’autres images de Quentin, sur un tumblr intitulé « These pics – Une de mes photos et son histoire, chaque jour. C’est tout. » Ici, je crois avoir été autant touchée par les mots que par les images, comme si les deux étaient indivisibles. « Pendant six mois, j’ai publié un texte et une photo par jour, d’images que j’avais faites pendant quatre ans. »

“She Just Likes To Fight” Four Tet. Paris, 6 mai 2010 © Quentin Cherrier « Cette photo-là, elle ne l’apprécie pas plus que ça. Comme 99,9% des filles elle ne se trouve pas belle sur la photo. Les filles ont souvent cette capacité à se rendre moche sur les photos dès qu’elles voient l’appareil… » La suite du texte ici : http://thesepics.tumblr.com/post/7777907021/she-just-likes-to-fight-four-tet-paris-6-mai

« J’aime beaucoup Willy Ronis, pour la poésie qu’il a dans ces images.Et le suivi qu’il fait des gens qu’il photographie. Par exemple, il a retrouvé les personnes de sa photo « Amoureux de Paris« , il leur a offert un tirage etc. Dans son livre « Ce jour-là« , il accompagne ses images de textes, aussi. »

“Full of Love” Kazumi Nikaidoh.
13 décembre 2009, Paris © Quentin Cherrier
« Cette photo-là, c’est une position délicate. Celle d’un homme qui embrasse une fille en tenant par la main un visage cagoulé de cuir. » La suite ici : http://thesepics.tumblr.com/post/7358592145/full-of-love-kazumi-nikaidoh-13-decembre-2009

“Moonlight Mile” The Rolling Stones.
Koh Samui, juillet 2009, Thaïlande © Quentin Cherrier
« Cette photo-là c’est l’abandon, l’épuisement à ne rien faire… » La suite ici : http://thesepics.tumblr.com/post/7100908629/moonlight-mile-the-rolling-stones-koh-samui

« Mes amis sont ma première source d’inspiration. »

“kiss-me-twice” Malatang machine.
Dans un ascenseur, Paris, 25 octobre 2009 © Quentin Cherrier
« Cette photo-là, c’est la proximité avec le sujet… » La suite ici : http://thesepics.tumblr.com/post/6706165779/kiss-me-twice-malatang-machine-dans-un

« La seule religion que j’ai, c’est la curiosité. Si tu n’es pas curieux, tu te fanes. »

“sure you will” Justice.
4 juin 2011, Paris © Quentin Cherrier
« Cette photo-là c’est une soirée dans un petit appartement parisien avec des étudiantes étrangères… » La suite ici : http://thesepics.tumblr.com/post/9698542913/sure-you-will-justice-4-juin-2011-paris

Tumblr These Pics : http://thesepics.tumblr.com/

Page Flickr de Quentin Cherrier : http://www.flickr.com/photos/flashandtrash/

Propos recueillis par Margaux Duquesne

Une réflexion sur “J’irai danser chez vous

  1. Pingback: Une journée à Barcelone | Journaleuse - Le blog de Margaux Duquesne

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